La Battante, c’est un groupe de gens qui, depuis 2010, s’organisent pour former ensemble une batucada, orchestre de percussions brésiliennes. Une batucada qui répète puis joue à l’extérieur, principalement pour appuyer des manifs, mais aussi des évènements festifs.

Mais La Battante, ce n’est pas que ça. C’est aussi des ampoules et des protèges genoux, des doodles et des bouchons d’oreille, des week-ends à la campagne et le plaisir de se voir, de la rigolade et de l’agacement, de la jouissance et de la frustration, de la bière et du punch de Meriem, de la musique et de la politique, du son qui claque et des couacs, et puis plein d’autres trucs encore…

C’est aussi…

« … une excroissance collective de nous même ;
celle qui fait du bruit quand elle n’est pas en accord avec les propositions du pouvoir.
Le pouvoir de la Battante est d’accompagner les masses de gens contre les absurdités imposées
en faisant résonner les peau de nos instruments dans l’air,
ce qui crée une vibration et ancre par ce biais dans un rythme commun les esprits mécontents.
Mais La Battante peut aussi transformer son bruit de révolte en musique
pour festoyer jovialement avec tous les quidams en demande de vibrations rythmiques ! «

Et puis aussi…

« … un groupe de gens motivés chaque fois que l’occasion se manifeste pour devenir un puissant écho.
Faire résonner les rues, vibrer les fenêtres et shaker le booty des gens est un instant magique.
C’est prendre le contrôle de l’atmosphère d’un quartier, et quel plaisir lorsque la rue de la Loge sent,
durant un temps, autre chose que le fric et le vison.
Pour moi la Battante c’est la musique pour porter les manifestations et les instincts de révoltes,
la célébration de l’anticonformisme.
Quand on est mélomaniaque, la musique parle et dit des choses. La Battante j’y suis arrivé pour soutenir des idées et mon sens du rythme.
En plus on se fait des copains ! »

Et encore…

« La battante, c’est battre le rythme du temps à contre-temps, telle une arme de contre pouvoir à travers
la musique, sortir ses cris bloqués à l’intérieur…
C’est tout à coup la liberté…l’envie…la vie…
La battante c’est aussi quelques heures passionnées au rythme de la convivialité, c’est du rire et du sourire entre êtres chaleureux et plein de vie. »

Sans oublier…

« La battante signifie batucada militante.
C’est un orchestre composé uniquement de percussions d’origine brésilienne qui fonctionne par sections d’instruments et dirigé par un « chef d’orchestre ». Chaque section a une partition à jouer et les rythmes changent en fonction des morceaux et des instructions données par le « chef d’orchestre ».
La batucada génère un son très puissant, exaltant, dansant voire vecteur de transe.
La musique s’entend de loin et agit en fédérateur de la population. C’est pourquoi il nous est apparu comme une évidence de jouer lors de manifestations et/ou rassemblements, au début, pendant et/ou à la fin.
D’une part, pour faire résonner la lutte à plus grande échelle sonore et fédérer les militants et, d’autre part, pour toucher et sensibiliser les simples badauds à la lutte en les intégrant au cortège autour de la batucada.
Nous respectons évidemment les temps de paroles et les slogans en arrêtant de jouer en temps voulu.
Je pense que c’est très formateur musicalement parlant (connaissance du rythme, écoute des autres etc…)
et épanouissant ou libérateur en matière de militance.
En fonction de l’agenda des actions, nous discutons pour décider si nous soutenons telle ou telle manif.
Nous sommes regroupés autour d’une association. Toutes les décisions prises sont discutées puis votées. »

Et bien sûr…

« Outre le plaisir que nous avons à nous voir, à jouer ensemble, et à progresser ensemble, le but premier de la batucada est de renforcer les luttes sociales.
Nous sommes alors acteur de la lutte au même titre que tous les autres. Nous participons à dynamiser et à rendre plus attractives ces luttes. En aucun cas, nous devons supplanter les slogans et les prises de parole, au contraire nous soutenons cette parole politique que nous ne pouvons pas avoir de la même façon avec nos instruments. Le Carnaval est aussi un lieu privilégié de notre expression. »